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Fringues et patriarcat : 5 raisons de continuer à être féministe

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féministe en 2018

Fringues et patriarcat : 5 raisons de continuer à être féministe en 2018

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Fringues et patriarcat : 5 raisons de continuer à être féministe en 2018



Temps de lecture estimé à 5 minutes


Pourquoi continuer à être féministe en 2018 ? On n’en est plus à se bâillonner la poitrine de bandelettes de cuir ni à peiner à passer les portes avec des robes à crinolines. Mais, héritage de ces époques, on préfère toujours les femmes en tenues sexy que pratiques. On s’arrête sur 5 points toujours problématiques dans le dressing féminin.


L’entrave de nos choix et le travail de sape est peut-être plus pernicieux aujourd’hui que dans l’Antiquité, mais il existe toujours. Il passe aussi par notre dressing marqué encore aujourd’hui par quelques bons restes de domination patriarcale. Puisque « connaissance est puissance », on vous informe sur cinq points utiles.
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Parce qu’on manque de poches

Les jeans des filles ont de plus petites poches que ceux des garçons, idem sur les manteaux. Vous ne l’aviez peut-être pas remarqué et potentiellement, vous ne voyez pas vraiment le problème. Sauf que quand on a des poches, larges, on n’a plus besoin d’un sac à main pour emporter son portefeuille et ses clés. On est plus libre de ses mouvements, on ne met pas en évidence à son bras toutes les choses qu’on ne veut surtout pas se faire piquer, on est globalement moins vulnérable.
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Le manque de poches dans les vêtements féminins aujourd’hui fait partie des héritages d’une société au sexisme assumé, où les femmes s’habillent pour être regardées et les hommes se vêtissent de manière pratique. Quand la Rational Dress Society a été créée à la fin du XIXe siècle à Londres pour protester contre les corsets étroits, talons hauts, robes encombrantes, etc, les poches faisaient aussi partie du combat. « Les poches, à l’époque victorienne ont été utilisées comme un argument disciplinaire, explique Samantha Fitch, auteure d’une thèse sur le sujet*. Les développements de nouvelles techniques et celui de la société de consommation ont amené les femmes à quitter la maison, et une femme avec du pouvoir d’achat devenait quelque chose d’une importance extrême pour l’économie britannique. Une partie de l’effort pour contrer cette menace a consisté à rendre la mode féminine débilitante et limitante, obligeant les femmes à nouer une poche autour de la taille sous leur jupe, les exposant d’emblée au vol ou à la mise à sac…». Pas vraiment pratique et même carrément gênant. Vous ne regarderez plus votre sac à main de la même manière.
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Parce que les vêtements pour femmes sont plus chers que ceux pour hommes

On a pas mal parlé dans la presse de la « taxe rose », qui consiste à faire payer plus cher un produit parce qu’il est estampillé « pour femme ». C’est le cas de certains rasoirs en grande surface. Mais pas seulement. Vous vous êtes déjà retrouvée à hésiter à opter pour la version non cintrée d’une parka parce qu’elle était 30€ moins chers que la cintrée? (Moi, oui.)
Le journal américain Business of Fashion a enquêté en 2016 sur l’industrie du luxe et découvert nombre d’écarts de prix entre les versions hommes et femmes, pour les mêmes vêtements, mêmes matériaux, mêmes motifs, l’écart allant jusqu’à 1000$. Difficile à justifier uniquement par le fait qu’il y a plus de tailles, de couleurs et de variations côté femmes. En 2012, le magazine Forbes a calculé qu’être une femme coûterait en moyenne 1400$ en plus par an aux Américaines.
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Parce qu’on n’incite pas les filles à s’habiller en aventurière (ni en sportive)

Bien sûr que c’est POSSIBLE de trouver un bon imper ou des gants pratiques pour faire du vélo dans le froid (par exemple) quand on est une femme. C’est juste beaucoup moins évident que lorsqu’on est un garçon. De la même façon que les t-shirts des petites filles les incitent bien souvent à devenir des princesses et les garçons des héros (voir cette vidéo de dénonciation cute ci-dessous), on trouve pléthore de vêtements masculins pratiques pour l’aventure et beaucoup moins côté filles. De là à se dire qu’il faut forcément être habillé avec des vêtements pas ajustés ni cintrés pour se lancer dans une rando en Alaska, il n’y a qu’un pas.

À cela s’ajoute la problématique des vêtements de sports sexy, mais pas forcément pratiques. Dans le sport pro, l’incitation à être sexy est incontournable. Témoignage de la surfeuse brésilienne Silvana Lima, qui surfe en short et non en bikini : « Je ne ressemble pas à un top-modèle (…). Je suis une surfeuse professionnelle. Mais chez les femmes, les marques de surf veulent à la fois un mannequin et une sportive. Quand vous ne ressemblez pas à un mannequin, vous ne trouvez pas de sponsor. C’est ce qui m’est arrivé. Les hommes n’ont pas ce problème ». Autre exemple, en 2012, le président de l’Association internationale de boxe amateur (AIBA) a souhaité imposer le port de la jupe aux boxeuses lors de leurs débuts aux Jeux olympiques de Londres. Suite aux plaintes des sportives, on leur a finalement laissé le choix entre jupe et short.

Le tennis est aussi l’occasion de montrer les gambettes des sportives en remontant le plus haut possible, jusqu’aux fesses, c’est mieux. Et forcément, ça n’aide pas toujours la performance, comme avec la robe volante imaginée par Nike à Wimbledon 2016 dont plusieurs sportives se sont plaintes.
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Parce que les talons aiguilles sont érotiques mais certainement pas pratiques

Des talons de 2, 3, 4, 5 cm, pourquoi pas ? Un podologue vous expliquera qu’être surélevé(e) de quelques centimètres au niveau du talon est plutôt bon pour la posture. Au-delà de 8 cm, on est dans le mal, le pied ne peut pas être en bonne santé.

Usual business, quand il s’agit de rendre la femme sexy et/ou de compliquer tout déplacement, une société patriarcale ne s’arrête pas à ce genre de considération pratique. Le talon aiguille, celui qui se coince dans les grilles métalliques sur le trottoir et qui est porté aujourd’hui par des femmes au quotidien, est un héritage de la tenue des pin-up et des images érotiques qui venaient remonter le moral des hommes éloignés de présences féminines. Haut d’une dizaine de centimètres, il accentue la courbure du bassin et la rotation de la hanche, fait ressortir les fesses et la poitrine. « Il faut souffrir pour être belle » répètent les mamans à leurs filles. Pour amoindrir la douleur, une opération chirurgicale surnommée Loub job en référence aux escarpins Louboutin s’est développée depuis quelques années. Elle consiste à se faire injecter du collagène dans le talon et les coussinets du pied pour moins souffrir. On n’arrête pas le progrès !

Parce qu’on n’est toujours pas au clair sur cette histoire de soutien-gorge

Aujourd’hui porter un soutien-gorge n’a plus trop de rapport avec une opération de torture. Mais pendant l’Antiquité, c’était plutôt le cas. Surtout pour les femmes à forte poitrine. Les silhouettes androgynes étant à la mode dans la Grèce Antique, les poitrines étaient bandées de tissus, parfois de bandelettes de cuir. 4 000 ans plus tard, on savoure de ne pas être née à cette époque-là, ni même un siècle plus tôt. Les gaines et corsets n’étaient pas tellement plus réjouissants pour les femmes du XXème siècle et avaient seulement vocation à les faire correspondre aux canons en vigueur.

Entre confort et sensualité, les soutiens-gorge du XXIème siècle sont nettement plus agréables. Pour autant, nos dessous restent régis par le désir de plaire. Le conservateur des Arts Décoratifs, Denis Bruna, qui a organisé l’exposition La Mécanique des dessous en 2013, appelait à se méfier des modes modernes, comme celle du retour de la gaine : « L’appellation n’est plus la même : le mot gaine (…) est banni du Salon de la Lingerie. On y parle de « shapewear » et même de « vêtement intelligent », c’est-à-dire un dessous qui sait précisément où il doit agir. » Le soutien-gorge continue à évoluer en eaux troubles, entre réelle recherche du confort et sacrifice de ce dernier au profit d’une silhouette plus sexuelle.

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