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Mode et « Made in France » : ce qu’il faut savoir sur la fabrication française

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marques vetements Made in France

Mode et « Made in France » : ce qu’il faut savoir sur la fabrication française

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Mode et « Made in France »

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Temps de lecture estimé à 7 minutes

Phénomène de mode et tendance marketing pour les uns, objectif économique vertueux et nécessaire pour les autres, la production « Made in France » continue de faire parler d’elle, bien après qu’Arnaud Montebourg se soit estompé du paysage médiatique. Tout comme d’autres pratiques commerciales, elle suscite des interrogations chez les consommateurs quant à son intérêt réel et un éventuel « french-washing ». Voici quelques repères pour mieux comprendre ce que Made in France signifie en matière de mode.

L’éphémère « rue du Made in France », installée rue du Vertbois et rue Volta à Paris jusqu’au 15 juillet 2018, concentré de marques qui battent pavillon tricolore, intéressera sans doute les touristes, mais pas que. On devrait aussi y croiser une partie des 75% de Français qui affirment, placer l’origine « Made in France » d’un produit en tête de leurs priorités en matière d’achat, selon une étude réalisée en 2016 par le Credoc (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie).

Pourtant, comme l’observait Le Monde à l’occasion du dernier Salon du Made in France, on n’a jamais si peu acheté de produits fabriqués dans l’hexagone et l’industrie française demeure sinistrée. Le secteur textile, qui regroupe un peu plus de 2000 entreprises, emploie 57 000 personnes, soit 10% de moins qu’il y a 30 ans. La valorisation du Made in France n’a pour l’instant pas eu d’effet significatif sur cette industrie, si ce n’est une petite relance très récente avec un peu plus d’ouvertures d’usines que de fermetures.

Les bons points environnementaux et sociaux

D’un point de vue éthique, l’intérêt du Made in France pour le consomm’acteur est réel. Ce dernier soutient une industrie séculaire, des savoir-faire en voie d’extinction et s’assure a priori de conditions de travail qui respectent le droit national.

D’un point de vue écologique aussi, son acte d’achat fait sens, tant au niveau du transport qu’en termes de dépense énergétique dans le processus de production. Selon les chiffres (2016) publiés par Enerdata, bureau d’études économiques spécialisé en énergie, l’intensité énergétique (NDLR : consommation énergétique totale par unité de PIB) de la Chine est 64% supérieure à celle de la France.

L’affaire se complique pourtant quand la tendance se transforme en french-washing avec des termes marketing pas très clairs de type « designed in France » ou lorsqu’on comprend que la matière première d’un vêtement étiqueté Made in France n’est pas d’origine française. Quelques éclaircissements pour s’y retrouver.

Le « Made in France » en textile : une question de confection

Légalement, un produit est considéré comme Made in France si au moins 45% de sa valeur ajoutée a été produite sur le sol national.
Premier cas simple : quand le produit est entièrement confectionné en France, de la matière première à sa finalisation (ce qui est rarissime sur le textile), l’affaire est pliée : le vêtement peut afficher la mention « fabriqué en France ».

Quand plusieurs pays interviennent dans le processus de fabrication, il faut également que la dernière transformation substantielle ait lieu en France, « substantielle » signifiant que le produit n’est plus le même qu’avant cette étape. En mode, l’étape repère est celle de la confection, qui doit avoir été entièrement ou en grande partie réalisée en France. « On ne peut pas juste ajouter un zip ou des boutons, ce ne sera en aucun cas considéré comme une transformation suffisante » explique Charles Huet, consultant expert sur la fabrication hexagonale et co-fondateur de la FIMIF (Fédération Indépendante du Made in France).

Conclusion, un chemisier en soie dont la soie provient de Chine peut être estampillé Made in France à condition que la confection ait été réalisée en France.

Les termes à ne pas confondre (et qui sont un peu faits pour vous embrouiller…)

  • « Designed in France »

Cette mention signifie que le produit a été imaginé, pensé, dessiné en France. Pas qu’il a été fabriqué en France.

  • « Conditionné en France »

Cela concerne l’emballage de produits finis fabriqués à l’étranger.

La FIMIF liste quelques autres éléments basiques à retenir par le consommateur :

  1. Un produit non étiqueté est un produit qui a de fortes chances d’avoir été importé.
  2. Des formules du type: « conception française », « création française », « maison française », « artisanat local », « french touch » sont à éviter, elles ne signifient pas Made in France.
  3. Les symboles du genre drapeau tricolore, carte de France, tour Eiffel sont aussi à éviter, ils ne signifient pas Made in France.
  4. Une marque peut produire en France et à l’étranger. Par exemple, chez Bruce Fields, seules les chemises sont fabriquées en France. Idem chez Armor Lux et Saint James : une partie seulement de la production est française.
  5. Il est préférable de se fier aux marques proposant un étiquetage détaillé ou disposant d’un label.

Quelques exemples de marques Made in France :

Atode : on pourrait résumer le style Atode en disant qu’il s’agit d’une garde robe chic, minimaliste, féminine, dans l’air du temps. Les deux usines de confection sont situées à Marseille, à 10 minutes à pied du siège. La soie vient de Chine avant d’être filée en France et la laine d’Australie avant d’être filée en Italie.

W Y L D E : W Y L D E utilise des matériaux recyclés fabriqués en France, aux Filatures du Parc (Brassac). La marque travaille avec un atelier de confection en région parisienne. Les boutons, zips et étiquettes (recyclées) viennent également de fournisseurs français.

DAO Denim : une des marques les plus Made in France que l’on connaisse, ayant opté pour le lin, fibre dont la France est le 1er pays producteur. Une partie de la fibre peut venir des Pays-Bas, on n’est donc pas forcément dans le 100% français, mais pas loin ! On pense aussi à Conouco et La Révolution Textile qui utilisent aussi cette matière et travaillent d’arrache-pied pour recréer une filière lin 100% Made in France.

Un jean 1083 : le coton bio des jeans ne vient pas de France puisqu’il n’en pousse pas chez nous. Les rivets et boutons viennent d’Italie. Pour le reste, filature, teinture, tissage et confections sont réalisés dans l’Hexagone (un peu de filature est réalisée en Grèce) d’après le détail donné par la marque sur son site.

Le Slip Français : comme pour 1083, pas de coton Made in France, il est sourcé en Inde, Egypte, USA d’après les équipes. Une fois le fil récupéré, tout est fait en France, de la confection à l’emballage. Le Slip Français assure chercher des pistes pour se mettre au lin (ou aux orties !) pour faire des slips toujours aussi doux mais encore plus locaux.

Les limites du « Made in France »

Un étiquetage n’est pas un label

Dans l’industrie textile, il n’est pas obligatoire d’indiquer la provenance du produit, même si c’est très pratiqué, les contrôles douaniers n’étant systématiques que pour les produits avec label.
Qu’en est-il alors de l’indication Made in France, est-elle fiable ? Réponse de l’expert, Charles Huet : « Dans le secteur de la mode, les mentions « made in », sont régies par le Code des Douanes de l’Union, et précisées dans ses annexes 8 et 9. Après, comme dans tous les domaines, il y a des règles et des gens qui trichent. Une des problématiques du Made in France est effectivement que les douanes sont en sous-effectif chronique et que la priorité est mise sur les contrôles touchant à la sécurité et à l’hygiène. C’est bien pour ça qu’on a mis en place d’autres certifications comme le label Origine France Garantie, qui n’est délivré qu’après contrôle systématique » (voir tableau ci-après).

Les « bonnes » marques Made in France sont généralement aussi transparentes que fières de leurs ateliers. Cette transparence et cette cohérence dans leurs actions sont de bons indices de fiabilité !

La non prise en compte de la matière première

On peut regretter que le cadre Made in France ne se préoccupe pas davantage de l’origine de la matière première. Cependant il y a très peu de matière première cultivées en France, on ne compterait donc guère plus que les vêtements à base de lin et ceux faits à partir de matériaux recyclés en France. La fabrication française depuis la matière première jusqu’à la distribution est quasi inexistante aujourd’hui.

Plus de détails : les labels d’origine et de qualité

Pour rassurer le consommateur sur l’origine des produits manufacturés, il existe en France trois labels de reconnaissance basés sur des cahiers des charges spécifiques faisant intervenir un organisme certificateur indépendant. Le bénéfice d’un label ne dispense pas du respect des règles d’origines pour l’apposition d’un Made in France sur le produit.

Les labels d’origine et de qualité sont les meilleurs garants d’un Made in France de top niveau. Mais vous en verrez peu, non seulement en raison des contraintes que cela implique mais aussi parce que nombre de professionnels ne sont pas attachés à ce type de communication. « La labellisation coûte souvent trop cher et n’apporte pas suffisamment de valeur ajoutée par rapport à la mention Made in France, gratuite » explique Charles Huet.

Hors french-washing à peu près repérable, la confection hexagonale traduit un véritable effort du producteur, une marque de qualité bien différenciente et le respect de normes environnementales contraignantes. L’étiquette Fabriqué en France n’est peut-être pas la panacée, mais elle veut déjà dire beaucoup. « Vu les difficultés rencontrées pour être compétitif, produire en France est une forme d’engagement » observe le journaliste Benjamin Carle 👋 auteur du documentaire « Mon année Made in France », soulignant le côté quasi militant de l’affaire. Donc ne craignez pas trop d’être pris pour des jambons. Le Made in France, c’est cool.

Pour celles et ceux qui ont envie de continuer à creuser le sujet, on peut vous recommander ce dossier : La (vraie) vérité des vêtements Made in France, celle de ceux qui les font. Bonne Gueule y présente une vision que nous partageons – tout comme l’indignation envers ceux qui tentent de leurrer le consommateur et nuisent à la réputation du fabriqué français.

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