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A la rencontre d’Anne Séverine Patris (Kipluzet)

A la rencontre de Anne Séverine Patris (Kipluzet)

Interview de Anne Séverine Patris




Temps de lecture estimé à 4 minutes

Anne-Séverine est la jeune créatrice de Kipluzet, une jolie marque de petit haut. On ne vous en dit pas plus pour le moment…
Rencontre avec une jeune femme déterminée à changer la mode 😊

Pourquoi as-tu lancé la marque Kipluzet ?

Petite, je voulais être styliste et sauver la planète. Je distribuais des tracts sur papier brouillon tagués « SOS NATURE » chez mes voisins…

Mais en toute logique, j’ai fait du droit et suis devenue juriste ! Plus âgée, j’ai commencé à me demander sérieusement ce qu’il y avait dans mon assiette, d’où venait ce que j’achetais, ce que je consommais, donc forcément ce que je portais…et là….réalité a été difficile à accepter. La petite fille sauveuse de planète a refait surface et a commencé à se rebeller.
Après avoir passé un bon moment à râler dans mon coin devant l’aberration de l’industrie textile, je me suis secouée et décidée à faire à mon échelle ce que je crois être une alternative.

Avec Kipluzet, je propose une alternative textile responsable avec de jolis petits hauts en lin. Ces petits hauts confortables sont déclinés en plusieurs longueurs, qui plus est, sont fabriqués intégralement en Europe. Notez au passage le petit jeu de mot « Qui plus est » signifie « de plus »!
De la graine jusqu’à la confection, je connais toutes les étapes de transformation !
Et parce que le confort est un élément primordial à mon sens pour un vêtement, les petits hauts se déclinent en trois longueurs par taille (un peu comme un jean). Il est ainsi plus aisé pour chaque style, chaque morphologie de trouver son bonheur.
Et bonne nouvelle, Kipluzet a ouvert son e-shop le 19 septembre 2017, c’est tout frais !

Justement, tu expliques que tu souhaites proposer une alternative textile responsable. Quels engagements souhaites-tu valoriser ?

A travers Kipluzet, je souhaite :

  • Une transparence et une traçabilité sur l’ensemble de la chaine de valeur. Ce n’est pas au consommateur d’étudier ce qu’il achète, c’est à la marque d’expliquer son produit.
  • La préservation des savoir-faire propres à chaque filière. En l’occurrence, le lin est une filière atypique et 100% européenne.
  • Trouver l’alternative la plus écologique possible à chaque étape.
  • Présenter des pièces intemporelles confortables qui s’adaptent à tous les styles afin de promouvoir la diversité et la durabilité.

Quelles sont les difficultés auxquelles tu dois faire face ?

Vouloir un circuit court, une matière écologique, une chaîne de valeur transparente, un prix accessible, ne pas venir du milieu de la mode… Bref, je n’ai pas choisi la voie la plus simple.
J’ai passé beaucoup de temps sur chaque étape. Je me suis beaucoup renseignée sur la matière première pour définir celle qui serait la plus écologique. Comment et où est-elle cultivée ? Comment vit-elle lorsqu’on la porte ? Cela implique de tracer toute la chaîne de production du champ à l’usine de confection. Le grand gagnant est le lin : culture, filature, tricotage européen ! Durant toutes les opérations de transformation, l’activité est mécanique. Quant à sa culture, elle ne nécessite pas d’irrigation, (l’eau de pluie suffit) et peu d’intrants (engrais, produits phytosanitaires). L’écosystème est donc respecté. La maille de lin est ultra douce, thermorégulatrice, ne se froisse pas… Bref le lin c’est vraiment la matière idéale.

J’ai également « démonté » mes vieux T-shirts pour regarder et même essayer d’en coudre quelques-uns afin de savoir de quoi je parlais. C’était important d’autant plus que je tenais à faire différentes longueurs par taille pour s’adapter aux différents styles. Il me fallait donc comprendre comment se faisaient les patrons, les dossiers techniques, les gradations pour mettre en œuvre ce concept… J’ai sollicité de nombreuses usines de confection avant de trouver la bonne. J’ai la chance d’avoir un entourage qui touche à différents métiers et chacun m’apporte un peu de leur expertise. J’ai aussi découvert le Portugal et des gens absolument géniaux.

Quel a été ton cheminement personnel vers la mode éco-responsable ?

J’ai eu un éveil général quant au « tiens, mais qu’est-ce que je consomme ? ». Au départ c’est ce qui se trouve dans l’assiette qui interpelle, puis assez logiquement ce qui se trouve sur notre dos… Les savoir-faire qui disparaissent (l’histoire des ouvrières de Lejaby m’avait particulièrement touchée), les conditions de travail des ouvriers du textile qui s’exposent au grand jour (le triste évènement du Rana Plaza), tout cela amène à réfléchir sur nos consommations. Le modèle de la « fast fashion » basé sur des coûts de production bas, des produits de mauvaise qualité mais vendus en grande quantité me paraît être une ineptie. Au départ je râlais beaucoup sur le sujet, ça ne changeait pas grand-chose, alors j’ai décidé d’agir.

Quelle mode/style as-tu envie de défendre ?

Une mode responsable, confortable, colorée et qui s’adapte aux styles et envies de chacun.
Confortables : les modèles se déclinent en trois longueurs par taille pour s’adapter aux différents styles et morphologies. Vive la diversité !
Un peu comme un jean (longueur 30,32,34… ado le 34 a sauvé ma vie ! C’était pas du tout la mode des 7/8…)

Éthiques : 100% lin, 100% made in Europe. De la graine de lin jusqu’à la confection du petit haut, toutes les étapes sont réalisées en Europe. La teinture est Oeko-Tex. Pas besoin de choisir entre un circuit-court (made in) et un produit propre (matière, teinture …).
Un peu comme une tomate (toujours difficile de la trouver « origine France » et sans pesticides)

Colorés : Trois couleurs en éditions limitées, une qui est basique, une douce et une vive.

En résumé, j’ai voulu créer un basique simple, confortable, coloré et propre.

Pour quels types de femmes ?

Celles qui sont à la recherche de confort, de la qualité et de pièces qui durent.

Quelle est ton inspiration mode du moment dans votre vie quotidienne (personnalité, créateur…) ?

J’aime voir une personne (connue ou non) en accord avec son style (« à la mode » ou non), qui se sent bien dans ses vêtements.
C’est cette harmonie qui est inspirante.

Quel est ton rituel beauté ? / ton vêtement fétiche ?

Je n’ai pas vraiment de rituel beauté ou de vêtement fétiche. Je ne dois pas aimer la récurrence 🙂 Selon le temps, ce qui est prévu, mon état d’esprit il y a un vêtement, un geste beauté idoine.

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petit haut en lin, responsable, confortable, coloré, éthique, circuit-court

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