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Psychanalyse d’un dressing : les techniques d’une personal shoppeuse

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Psychanalyse d’un dressing : les techniques d’une personal shoppeuse

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Psychanalyse d’un dressing : les techniques d’une personal shoppeuse

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Temps de lecture estimé à 7 minutes

Aloïs, est personal shoppeuse, métier qu’on connaît surtout via l’ancienne mannequin Cristina Cordula. Mais Aloïs est beaucoup plus cool. En plus d’avoir l’oeil sur-développé pour trouver ce qui ira à merveille à votre gabarit, elle a une grosse sensibilité à l’éco-responsabilité, au vêtement aussi canon qu’utile, celui qu’on porte 10 ans et qui nous met toujours des étoiles dans les yeux. Elle nous donne quelques secrets de coach en style qu’on s’empresse d’appliquer à notre propre dressing.

Aloïs, coach en style, tient un blog Dress like a Parisian.com, au nom hérité de l’époque où elle s’est lancée : alors qu’elle travaille comme guide touristique à Paris pour se faire un peu d’argent de poche, on a de cesse de lui demander dans quelle boutique elle a trouvé sa jolie écharpe, ses bottines, son béret… ? On admire son sens du style et on lui demande ses conseils. Diplômée de l’Institut Français de la Mode (IFM), Aloïs décide alors de lancer son service de conseils en style et personal shopping en premier lieu pour les touristes étrangères de passage à Paris.

Au fil du temps, la jeune femme s’est mise à travailler pour des Françaises, des femmes dont elle peut visiter le dressing, analyser en profondeur les problématiques qu’elles rencontrent au quotidien, les contradictions entre ce qu’elles ont dans leur placard et ce dont elles rêvent. Elle a fait sienne la devise “acheter moins mais mieux” et s’intéresse de plus en plus aux matières éco-responsables, et comment les porter (exemple ici !). 😻

Comment t’es venu le virus de la mode ?

Aloïs : j’ai toujours adoré m’habiller, depuis que je suis toute petite. Je « costumizais » mes petites sœurs pour leur goûter d’anniversaire, c’était toujours les plus belles de la fête ! Au collège, à l’époque des blousons Schott, j’étais à la mode des années 1990, je portais des couleurs pétantes, les Dr. Martens, je les prenais en jaune, etc.

Après le lycée, j’ai hésité avant de faire une école de mode : n’étant pas manuelle du tout, je ne voulais pas faire de modélisme. Je me suis un peu cherchée avant de faire l’IFM en management de la mode. J’ai démarré mon activité en 2014. Le nom “Dress like a parisian” me pèse un peu aujourd’hui. parce que l’image de La Parisienne a été assez figée, façon Inès de la Fressange… La Parisienne est beaucoup plus variée que ce mythe, évidemment !

Les femmes aujourd’hui ont énormément de choix pour s’habiller, d’influence aussi. Est-ce que ce n’est pas autant d’occasion de se perdre ?

Totalement. On a pléthore de choix et on ne sait pas vers quel style aller, on ne sait pas quoi mettre avec quoi… Quand on regarde les magazines féminins, ils nous proposent des trucs qui sont de l’ordre de la rédactrice mode et dans lesquels les femmes ne se reconnaissent pas. Ceci dit, sauf à avoir un boulot très normé vestimentairement, et il y en a de moins en moins, tu peux te permettre énormément de choses. Les hommes sont beaucoup plus normés vestimentairement !

Quelles types de personnes font appel à tes services ?

Oh, toutes sortes ! Je peux donner l’exemple d’une cliente, ingénieure, qui est passée d’un univers pas spécialement glamour à celui de la beauté. Elle se sentait complètement mal habillée, parce qu’elle ne maîtrisait pas les codes de ce nouveau milieu. Elle avait aussi une morphologie qui n’était pas évidente à habiller.

Qu’est-ce que c’est une morphologie compliquée à habiller ?

Il y en a plein ! Le problème c’est que le prêt-à-porter ne pense qu’à une seule morphologie de femme, et pour celles qui en sortent, le shopping peut être une épreuve déprimante (voir notre article sur le Vanity Sizing, ndlr). Donc tu pars acheter un jean, tu passes 3 heures sans rien trouver, tu as l’impression d’avoir perdu ton temps donc tu finis par acheter un truc quand même, qui ne te va pas, que tu ne porteras pas.

Quand tu connais ta problématique de morpho, tu peux trouver ce qui te va. Je n’ai jamais eu une cliente pour laquelle on n’a rien trouvé. Mais si tu fais 1m50, déjà, ce n’est pas forcément un plaisir de rentrer dans une boutique où rien n’a été pensé pour toi.

Pour tes séances de personal shopping tu rentres souvent dans le dressing de tes clientes. Qu’est-ce que tu y fais et quelle est ta méthode ?

J’appelle ça un “closet editing”. En français, ça donne “consultations de dressing”. L’editing, ça veut dire qu’avant que je me rende chez ma cliente, elle a classé ses habits en trois catégories.

  1. Ceux qu’elle aime bien et qu’elle porte régulièrement.
  2. Ceux qu’elle aime bien mais, pour une raison x ou y, elle ne les porte presque pas.
  3. Les fringues qu’elle ne porte pas, dont elle a assez.

Je lui demande aussi de le faire pour les accessoires, les bijoux…
Quand j’arrive, on parle : je lui demande pourquoi elle a fait appel à moi, qu’est-ce qui la lasse dans son habillement : le pourquoi de la démarche.
Ensuite, on peut regarder la pile de ce qu’elle n’aime pas : en général on n’y trouve rien à garder, ça permet d’éliminer rapidement. Si je vois une fringue chère, je lui conseille de la revendre à tel prix. Sinon, c’est pour Emmaüs. Généralement si elle a déjà sélectionné ces vêtements, les trois quarts du temps, il n’y a rien à sauver.

Et pour les autre piles ?

On regarde ensuite les vêtements qu’elle aime, et porte. Là, il est possible que je la questionne sur la façon dont elle les porte. Elle peut enfiler un habit pour qu’on visualise, qu’on vérifie si c’est une forme qui lui va ou pas. Par exemple, sur une personne à forte poitrine qui aime bien une certaine chemise, si la chemise est trop tendue sur la poitrine, je lui explique qu’à l’avenir il faudra plutôt des chemises plus fluides…

Dans la pile avec les vêtements qu’elle aime bien, mais ne porte pas, on trouve souvent les vêtements excentriques ou un peu datés mais qui pourraient être remis au goût du jour. Pour chaque pièce, on analyse et on explique pourquoi ça va ou ne va pas. Généralement, pour une bonne moitié de la pile, je confirme que, c’est joli, mais ce n’est pas une forme qui lui convient par exemple, c’est pour ça qu’elle ne porte pas ce vêtement. Le but est de déterminer ce qu’elle va acheter à l’avenir, pour qu’elle ne fasse plus d’erreur. Les femmes portent vraiment une infime partie de leur dressing. Je peux le vérifier, ce n’est pas un mythe.

Ensuite vous donnez un peu vie à ce qui a été gardé, pour redonner de la valeur ?

Oui, on crée plein de tenues avec l’existant. On teste telle jupe avec tel pull et ce bijou… On prend des photos pour avoir un petit mémo. On teste des super-positions auxquelles la cliente n’avait pas pensé.

On va dans le dressing, et on en sort plein de nouvelles tenues. Ma prestation coûte 200€, pour ne plus jamais faire de mauvais achats. À la fin, la cliente a plein de nouvelles idées et c’est un peu comme si elle avait de nouveaux vêtements.

Un article d’Aloïs sur son blog.

Tu ne fais pas forcément de “closet editing” au préalable d’une session de personal shopping ? Ça semble pourtant une étape essentielle du “mieux s’habiller”.

Je propose la prestation séparément parce que je travaille énormément avec des étrangères donc pas possible de voir leur dressing. Mais les Françaises me demandent soit le closet editing seul, soit les deux prestations ensemble. À la fin du closet editing, je donne à la cliente un document avec la liste de ce qui lui manque et de ce qui va bien à sa morphologie, ainsi que des adresses donc théoriquement elle pourrait se débrouiller avec cette liste pour la partie shopping.

Une fois le dressing analysé, on va donc acheter des habits qui servent. Ça ne veut pas dire des habits austères, on peut acheter de l’excentrique si on aime le porter. Le problème, ce sont les erreurs d’achat, les erreurs de morphologie, le conseil de la vendeuse qui a orienté vers quelque chose qui n’est pas vraiment notre style… Le but, c’est d’acheter un vêtement qu’on va porter souvent et longtemps.

Tu apportes à tes clientes du recul, de l’analyse, du sens du style ?

À moi d’avoir l’œil, d’adapter le style, de donner des recettes qui marchent. Certaines petites recettes, je peux les donner sur mon blog mais ensuite je les adapte à une morphologie et à une personnalité. Par exemple, si je ressens chez une personne une personnalité rock, ça ne veut pas dire qu’on va faire un truc type, perfecto et t-shirt avec écrit “rock”… Elle va peut-être mettre un jean, un t-shirt, une belle bague et elle aura l’air rock.

Le plus important c’est ce qu’on porte en soi, c’est la femme au fond de nous.

Il y a quelque chose de très psychologique là-dedans, non ?

Souvent l’examen des placards révèle beaucoup. Capter la personnalité de quelqu’un, c’est réaliser un mix de comment la personne se présente déjà, c’est à dire ce qu’on trouve dans sa penderie, et de ce qu’elle dégage. Ça peut être de la douceur, de l’énergie…
Par exemple l’ingénieure dont je parlais plus tôt a un côté très carré, posé et en même temps elle choisissait des vêtements très glamour.

Tu as des conseils pour reconnaître un vêtement de qualité, qui va durer ?

Malheureusement, c’est extrêmement difficile. Les marques peuvent changer la composition d’un même tissu sur la même collection, elles n’utilisent pas toujours la même fibre. Le fait de lire le mélange n’est pas forcément fiable. Personnellement, je considère qu’il y a deux catégories d’habits. D’un côté ceux qu’on peut acheter pas trop cher : un t-shirt, éventuellement une chemise… Et il y a ceux pour lesquels on ne peux pas sacrifier le prix, parce que ça a un impact trop grand sur la qualité : ce sont les chaussures, les pulls et les manteaux. Si la matière ou les finitions ne sont pas bien, ça va se ressentir très vite.

Sinon, un pull qui va boulocher aura sûrement commencé à boulocher un tout petit peu en magasin. Tous les pulls qui ont des fibres un peu longues, des fils, ça risque de s’abîmer, de s’enrouler…
C’est bien d’aller chez des marques reconnues et spécialistes dans leur domaine. Qui ne font que des jeans par exemple, ou que de la chaussure…
Pour la chaussure il faut regarder si les semelles sont cousues et non collées, c’est gage d’une bien meilleure qualité.

Est-ce qu’acheter éco-responsable passe forcément par une frustration liée au fait d’acheter moins, et comment l’éviter ?

On peut être dans une démarche minimaliste : porter des pantalons et hauts de couleurs neutres uniquement et faire venir la fantaisie par les accessoires. Là, on diminue énormément sa consommation.
Mais quand on a déjà plein de vêtements, qu’on ne porte pas, la première démarche d’éco-responsabilité, c’est l’analyse de son dressing. C’est facile de jouer avec l’existant et la personnalisation, redécouvrir son dressing. La personne moyenne achète beaucoup d’habits. Même avec un budget réduit, on peut réussir à acheter plus cher mais mieux.

Les marques d’Aloïs :

En chaussures : “Avril Gau. C’est très cher ! Mais la qualité est super. J’aime aussi beaucoup Chie Mihara. ParaBoots.”
En lingerie : “La lingerie française ! Maison Lejaby, leurs nouvelles collections sont magnifiques.”
En t-shirt : Majestic Filatures (des t-shirts fait-main à partir de fibres naturelles) : “Super qualité”.
Un dépôt-vente : “Louise Paris : ma cliente d’hier y a acheté une robe Stella McCartney pour 200€ !”
Pour les jeans : “C’est bien d’acheter vintage, super quali.”

Retrouvez Aloïs sur son site Dress like a parisian.

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