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A la rencontre d’Andrea Sanabria Oviedo (La Petite Mort)

A la rencontre de Andrea Sanabria (La Petite Mort)

Andrea Sanabria

Interview de Andrea Sanabria




Temps de lecture estimé à 4 minutes

Originaire du Pérou, Andrea Sanabria Oviedo souhaite à travers sa marque être une tisseuse de lien. La jeune femme ambitieuse est membre du label de designer Une autre Mode est Possible. Celle qui a nommé ses premières collections La fuite (hors du temps) et Le temps est une invention se livre en toute transparence au jeu de notre interview.

Quand as-tu créé La Petite Mort et pourquoi?

La Petite Mort a été lancée fin mars/début avril 2016, mais le projet a vraiment commencé début 2015 lorsque je me suis mise à rechercher des matières naturelles et à travailler sur le design de ma future collection.
A vrai dire, l’idée initiale n’était pas de tout liée à la slowlife ou à l’éco-conception qui sont aujourd’hui les piliers de la marque. A la base, le projet visait à développer les liens entre l’Amérique latine et l’Europe. J’avais remarqué que plusieurs maisons de mode en Europe travaillaient avec des matières premières originaires de la région, mais qu’il n’existait aucune forme de dialogue, c’était de la pure exportation. Je voulais mettre en avant les savoir-faire latino-américains, casser les stéréotypes et raconter notre histoire à travers nos matières. Enfin, quand j’appris que des alternatives éco-responsables étaient en train de se développer je me suis décidée à faire bien les choses.

Quels engagements souhaites-tu valoriser ?

J’aime bien faire un focus sur la qualité de matières naturelles, car c’était vraiment mon point de départ. Je voulais quelque chose de riche et luxueux en restant eco-friendly. A cela, l’aspect humain était inévitablement lié ; j’ai grandi entouré de ces matières et j’ai pu rencontrer les gens qui les travaillent dans les champs de culture et les fermes d’élevage. Pour moi c’est important de mettre en avant ces gens et leur savoir-faire à partir du premier maillon de la chaîne, bien avant le tissage ou la manufacture.
Finalement, je valorise le côté éco-responsable dans mes processus de conception et production. La marque est née sous les principes de l’économie circulaire (cycle biologique), donc, depuis la première collection, toutes les pièces ont été conçues pour être compostables à la fin de leur vie utile. Je fais très attention à chaque étape de la production pour m’assurer de cela. Enfin, en mai 2017, on a commencé à concevoir des accessoires avec les chutes de production. J’espère arriver à être zero-waste vers la fin de cette année.

Quelles sont les difficultés auxquelles tu as dû faire face ? Comment as-tu réussi à les résoudre ?

Il y a plein de petits problèmes quand on est dans l’entrepreneuriat, au niveau de la production, le sourcing, les ventes… mais le plus grand problème pour moi c’était la communication. Même si ça fait déjà quelques années que je suis installée sur Paris, mon réseau était très petit est je me suis lancée en solo. Sans grand budget pour la communication, j’ai lancé la marque discrètement et elle a grandi de façon organique, sans pub, sans RP, sans influenceur… juste le bouche à oreille, les réseaux sociaux et quelques événements. Dans ce scenario, je dois dire que je suis très fière des résultats et des commentaires ! J’ai souvent de beaux retours de mes clients et on a commencé à grandir à l’international. Je pense qu’en étant ouvert aux autres, on peut naturellement se constituer un joli réseau.

Un autre aspect qui se présente comme un challenge parfois c’est la barrière culturelle. On peut ressentir à la lecture de mes écrits que je suis étrangère ! De toute façon, hors l’espagnol, ma langue naturelle, l’anglais me vient plus naturellement car j’ai grandi avec, donc je mène la plupart de la communication de la marque en anglais. Cela m’a permis de toucher un plus grand public à l’étranger mais cela peut mettre de la distance avec le consommateur local. Je ne pas encore réussi à résoudre ce problème mais j’y travaille !

Andrea Sanabria

Quel a été ton cheminement personnel vers la mode éco-responsable ?

J’ai toujours été une grande fan de vintage, mais aussi une grande consommatrice de mode. A 23 ans, avec un salaire fixe, j’étais la consommatrice de mode moyenne. En revanche, lorsque j’ai commencé à faire de plus en plus de voyages de longue durée, je me rendais compte que j’avais trop d’affaires que je n’avais finalement jamais eu l’occasion de porter, et qu’en plus je ne pouvais prendre avec moi dans la valise ! J’étais forcé de réduire. Depuis, je me suis habituée à prendre beaucoup moins, donc à choisir mieux, et maintenant, étant donné que j’achète moins, j’ai plus de budget pour dépenser en pièces de belle qualité. Enfin, depuis que j’ai commencé mes recherches dans la mode éco-responsable, je fais encore plus d’attention qu’avant. Je continue à me faire plaisir, à avoir des coups de cœur… mais avec des pièces joliment travaillées, avec une traçabilité derrière (et beaucoup de vintage!).

Quelle mode/style as-tu envie de défendre ?

Le style urbain simple, épuré, facile… chic et discret.
Cela peut sembler contradictoire, mais je pense que les pièces les plus simples sont les plus riches … elles sont la base pour n’importe quel look car elles peuvent s’intégrer facilement. D’où l’importance d’en chercher une de qualité. Je veux composer des looks avec des pièces qui ont des détails presque imperceptibles, qui ajoutent du caractère mais qui restent discrètes. Celles qu’on regarde avec une allure simple et on se dit quand même qu’elles ont « quelque chose ».

Andrea Sanabria

Pour quel type de femme et d’homme ?

Homme ou femme, peu importe, la plupart des pièces sont unisexe ; mais certainement pour les gens décontractés ! Les gens « easy going » qui aiment le confort et qui sont sensibles au toucher. J’aime me faire plaisir avec ce que je porte, et si je n’aime pas la sensation au toucher d’une pièce je ne la prends jamais. C’est pourquoi je me suis assurée lors du développement des collections de ne choisir que les fibres les plus douces et les plus « cozy».
Andrea Sanabria

Quelle est ton inspiration mode du moment dans ta vie quotidienne (personnalité, créateur…) ?

Très souvent je trouve mes inspirations mode via Instagram, car l’appli offre une large portée de partout dans le monde. Insta m’a permis de découvrir de superbes projets indépendants avec des univers étonnants. Quelques-uns que j’aime beaucoup dans ce moment, car je me sens connectée avec leur discours visuel : HAH (hot-as-hell), Dit-is-Balin, Studio el Guerrero, The new denim project.

Quelle est ton rituel beauté ? / ton vêtement fétiche ?

Je n’ai pas une rituel beauté en particulier, je porte très peu de maquillage et je ne fais pas de soins… je devrais m’y mettre !?
Mon vêtement/accessoire fétiche : les baskets !

Crédit photo : Raul Guillermo

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