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Clarissa Acario offre une nouvelle impulsion à la mode et à l’éco-design

 dans Portrait, Publications

Clarissa Acario offre une nouvelle impulsion à la mode et à l’éco-design

Care Studio

Care Studio, le studio de design à impact positif par Clarissa Acario

Care Studio




Temps de lecture estimé à 11 minutes

Clarissa Acario, un nom de designer mode et plus encore à retenir ! Cette entrepreneure originaire du Brésil, évolue depuis plus de 15 ans dans le domaine de la mode et du design. Forte de diverses expériences et riche d’un parcours toujours empreint de valeurs humaines et engagées, elle nous présente aujourd’hui ses 2 nouveaux projets : Ca[re] Studio et Fika.

Ca[re] Studio accompagne des entreprises en quête d’impact positif, en créant une harmonie entre design, humanité, développement durable et esthétisme. Ca[re] a aussi pour mission de s’appuyer sur le design comme méthodologie de transmission (en écoles ou en entreprises) et Fika son second projet, co-créé avec Jean Beaudic, s’érige comme une solution de design social où des installations viennent habiter des lieux de vie. L’objectif étant ici d’apporter des liens de reconnexions entre l’humain et le monde qui l’entoure au travers d’interactions créatives et sensorielles.

Le pari de lancer deux structures dans l’air du temps et gages d’une nouvelle impulsion !

Bonjour Clarissa. Merci de répondre à cette interview pour SLOWEARE et partager avec nos lecteurs tes nouveaux projets.

Clarissa Acario : l’envie de s’engager pour une mode meilleure et plus respectueuse

Tu évolues depuis plus de 15 ans dans les domaines de la mode et du design. Depuis l’obtention de plusieurs diplômes, tu es devenue styliste, directrice artistique, entrepreneure, formatrice en école, et même membre active d’associations militantes pour une mode plus responsable.

Après de belles expériences en tant que salariée de maisons de mode, tu décides en 2013 de te lancer dans l’entrepreneuriat avec la marque W.Y.L.D.E. Cette expérience marque les prémices de ton engagement dont les valeurs fédératrices riment avec esthétisme, mode durable, transparence et qualité.

Qu’as-tu souhaité transmettre avec W.Y.L.D.E et qu’est-ce que cette expérience, menée pendant 6 ans, t’a apporté ?

« W.Y.L.D.E est un projet qui m’a permis de me retrouver et de suivre mes intuitions portées par une recherche de sens. Cette expérience m’a permis de vraiment comprendre qui je suis et a confirmé que j’ai sans cesse besoin de donner du sens à ce que je fais. Tout devient alors encore plus passionnant quand on entreprend en accord avec de belles valeurs !

Avec W.Y.L.D.E, j’ai pu créer une marque plus respectueuse que ce qui existait sur le marché et plus créative. J’avais peu de moyens à cette époque et à force de persévérance, je me suis aperçue qu’il y avait de la matière existante à exploiter, et que cela était une formidable opportunité pour réduire nos déchets vestimentaires. Je viens du Brésil, et là-bas tout se recycle et se transforme. W.Y.L.D.E a fait partie des marques pionnières en France avec la démarche d’upcycling et les collections qui naissaient de cette valorisation de l’existant alliaient esthétisme et supplément d’âme.

2 ans après la création, la marque proposait également des collections éco-conçues et 100 % locale. Un positionnement fort pour moi, et qui a pu prouver à d’autres jeunes créateurs qu’une marque peut-être en parfaite cohérence. Par cohérence, j’entends marier répondre à un besoin, esthétisme, démarche écologique dès la conception et le choix de la matière, empreinte locale et respect de l’humain.

Passé quelques années, moi et mes associés décidons d’arrêter la société. Pour ma part, je souhaitais aller encore plus loin dans l’impact positif que peut offrir une marque. C’est alors que j’ai pris le temps de la réflexion et que j’ai naturellement commencé à écrire l’histoire de Ca[re] Studio… Un projet qui me permettrait d’apporter un impact positif plus important et partager mes connaissances du terrain. »

Clarissa Acario : des valeurs fortes et des attentes aujourd’hui réalisables

En tant que personne, quelles valeurs te tiennent le plus à cœur ? Et sont-elles à l’origine de tes divers engagements, combats et/ou projets ?

« La valeur qui m’importe le plus est le respect. Le respect de soi-même, des autres, et surtout de l’écosystème en incluant le vivant, la nature, les ressources, les métiers et les savoir-faire. Le respect regroupe un tout et est à l’origine de tous mes combats. C’est mon mot-clé pour la mode durable. »

En tant que cliente, qu’attends-tu de la part d’une marque de mode responsable ou qu’espères-tu comme évolution dans l’habillement ?

« En tant que cliente, je dirais que j’attache beaucoup d’importance à la cohérence de l’entreprise et la communication transparente. Comme expliqué plus haut, j’estime qu’une marque ne peut plus seulement, de nos jours, se contenter de lancer un produit engagé si l’entreprise en elle-même ne s’implique pas dans le social, en veillant également à de bonnes conditions de fabrication au niveau humain. Autre exemple, un positionnement Made in France ne donne pas à la marque un statut de mode durable si le choix des matières a un impact négatif pour l’environnement. Les consommateurs ont le pouvoir de faire évoluer l’industrie dans le bon sens en s’attachant à cette cohérence des marques qui respecte leurs valeurs. »

Clarissa Acario : une approche du design indissociable de l’environnement et de l’humain

Ton approche de la cohérence vise un équilibre pas toujours aisé à atteindre : celui de marier esthétisme, valeurs humaines et environnementales. Comment travailles-tu pour suivre cette ligne directrice ?

« Pour parvenir à atteindre une telle cohérence, il est important de centrer l’attention sur les utilisateurs (la base de la démarche design) et d’intégrer le développement durable dès la phase de réflexion du projet et ensuite des produits/ou service. C’est là que vont se poser différentes questions fondamentales pour que le projet soit à impact positif (environnement, humain,…). Il faut prendre le temps de bien établir ce socle en intégrant aussi l’esthétisme. Une fois cette base ancrée dans l’ADN de la marque, il devient aisé, voire même automatique, de créer des produits en suivant toujours cette ligne directrice vertueuse. Je parle de l’esthétisme, car il joue un rôle important dans la commercialisation, il faut de l’émerveillement, de l’attirance pour créer de l’émotion envers le produit et l’image de la marque, c’est un des moteurs pour créer un lien fort. Un produit durable aura un impact positif s’il se vend. S’il reste dans les stocks c’est de la matière délaissée… »

Le constat d’un besoin d’accompagnement pour les marques au désir éthique et éco-responsable

Aujourd’hui, tu lances Ca[re] Studio, un projet d’accompagnement de jeunes créateurs, de porteurs de projets et aussi d’entreprises qui n’évoluent pas seulement dans le textile, mais ont un besoin de renouveau cohérent et responsable. Quel(s) constat(s) fu(ren)t à l’origine de ce projet novateur qui répond à des préoccupations dans l’air du temps ?

« W.Y.L.D.E fut la source de ce constat. Lorsque je portais cette entreprise, plusieurs personnes sont venues vers moi afin de me poser des questions sur la manière de créer pour offrir des produits durables, pour avoir une image de marque forte et plus d’impact positif. J’ai également participé à des tables-rondes et des conférences dans des écoles pour partager mon expérience.

J’ai donc ressenti cette envie de transmettre. Ce partage de compétences fut une révélation pour moi qui souhaitait aller plus loin que l’impact positif de ma propre marque.

Avec Ca[re] Studio, je ne suis plus seulement une créatrice de mode dont l’entreprise est engagée. Je transmets mon savoir-faire à plusieurs autres entreprises et je vois cet engagement qui me tient à cœur se décupler. Ces entreprises en transformation pourront alors chacune d’elles porter ces valeurs, et non plus seulement ma marque…

Je poursuis aussi cette transmission dans des écoles pour que la jeune génération intègre naturellement dès la phase créative l’éco-conception et l’innovation sociale. L’industrie de la mode évolue et l’éducation doit savoir intégrer et s’adapter à cette évolution. La nouvelle génération pourra alors créer instinctivement des collections en accord avec les enjeux de notre société et réaliser un travail plus vertueux. »

Offrir une nouvelle impulsion à la mode et à l’éco-design

Comment définis-tu le Ca[re] Studio ?

« Ca[re] Studio se définit comme un studio de design pluridisciplinaire qui place l’humain au centre et qui répond à diverses problématiques à travers la création de produits et de vêtements à impact positif. C’est le design qui prend soin. Ca[re] Studio est pensé pour agir dans un ensemble et dans son ensemble. »

À qui s’adresse Ca[re] Studio ?

« Dans l’axe d’Eco-design, Ca[re] Studio ne s’adresse pas seulement à des porteurs de projet et créateurs de mode. Elle accompagne aussi toute entreprise en transformation, désireuse de mieux-faire. En tant que éco-designer, je peux, en effet, guider différentes structures dans des projets de création de produits autres que le vêtement.

Ca[re] Studio c’est aussi des formations & workshops. La transmission tient une place importante dans le projet. Je suis formatrice en école de mode et design. J’anime aussi des workshops de design thinking pour accompagner les entreprises à atteindre une transformation plus durable et innovatrice en s’appuyant sur l’intelligence collective.

Le LAB est un axe plus artistique et expérimental, il ne s’adresse pas à une cible précise. Nous pouvons, par exemple, travailler sur des R&D de matières et /ou la constitution d’une matériothèque dont les apports toucheront divers secteurs.

Le LAB de Ca[re] Studio me permet de rester créative : l’essence même de mon métier de designer. Il permet d’innover, explorer mais aussi de mener des actions de sensibilisation, de créer des contenus visuels comme pour la revue Hummade. L’impact positif est de nos jours très abordé dans la recherche de conception de produits et trouver le juste équilibre est accessible. Faire durable et innover. »

Quelle innovation apporte Ca[re] Studio aux entreprises du textile ou d’autres secteurs ?

« S’appuyer sur des problématiques auxquelles les gens n’ont encore jamais répondu afin d’innover. Grâce à la méthodologie du design thinking, de l’eco-conception et même du biomimétisme, l’innovation pourra naître. Nous allons apporter des regards nouveaux et impliquer les collaborateurs au développement de projets et de transition positive. Lorsqu’une entreprise me contacte, je travaille sur un diagnostic, des objectifs, et surtout sa problématique et diverses étapes s’en suivent afin de créer une démarche innovante. »

Une mode à « positive impact » oui, et du design plus humanisé aussi !

Ca[re] Studio n’est pas le seul projet que tu portes en ce moment. Tu as aussi co-crée Fika. Ce concept réinvestit des espaces à forte affluence en créant des installations axées sur une expérience de reconnexion qui évolue au gré du public. Fika, c’est l’idée de réinventer l’espace public ou des espaces dédiés à des événements en leur donnant une nouvelle dimension plus humaine et créative. Fika va même encore plus loin, car toutes ses installations sont créées en amont, lors d’ateliers de design thinking à l’approche eco-frugale et faire ensemble.

Rassembler, transmettre, interagir et toujours agir de manière positive apparaissent comme tes fondements au travers de Fika. Peux-tu nous expliquer en quelques mots comment t’es venue cette idée ?

« Fika est né de l’observation du terrain, de l’identification d’une problématique dont le sujet était la culture. C’est durant la formation de Design innovation sociale suivie durant 5 mois chez Design Act! (Strate College) à Saint-Ouen que tout cela s’est révélé. Les résultats prometteurs de cette expérience nous ont donné envie, avec Jean Beaudic, de lancer Fika en co-création.

Fika a pour but de reconnecter l’humain avec la ville et les lieux de vie oubliés et parfois de déshérence. Fika va apporter plus d’âme, et même faire revivre un lieu dont la symbolique est plutôt négative. Nos installations vont vraiment reconnecter les passants à ces lieux d’habitude loin d’un riche intérêt ou dont l’intérêt a été oublié par l’habitude et par le manque de temps.

Avec le sensoriel, Fika va toucher les gens et les faire prendre le temps dans leur rythme effréné. Ils vont re-découvrir le lieu qu’ils fréquentent et vivre autrement face à l’installation qu’ils découvrent. Au gré du public, l’interaction évolue et le lieu s’anime à nouveau d’une autre histoire… Les personnes vivent finalement un moment très intime et privé dans ce lieu public.

Par nos corps, dans leur intelligence sensible, leur porosité à l'air, aux odeurs, au toucher, leur amour de l’eau, leur sens du froid et du chaud, leur puissance d'action et d'écoute

Alain Damasio

L’éco-frugalité est aussi au cœur de la démarche de Fika. Nous récupérons des biens privés et des objets du quotidien que nous transformons en ces installations publiques, et lesquelles vont donner naissance à de nouvelles émotions privées… »

Quelle est l’ambition de Fika pour les communautés et associations locales ou pour les agences événementielles ?

« Fika va investir des villes, des grandes villes et travailler main dans la main avec des associations et organisations locales. Le but de Fika est surtout de toucher le grand public. Fika peut aussi s’intégrer à des événements en investissant des tiers lieux qui deviennent sources de nouvelles interactions. »

Comment se déroulent les ateliers de design thinking organisés par Fika et qui peut participer à de tels projets ?

« Dans un premier temps, nous contactons des acteurs locaux de la ville où nous travaillons et nous menons des séances de design thinking pour co-créer les installations. Nous dévoilons une problématique générale pour ne pas brider les participants à cet atelier de design thinking. Ensuite, nous revenons vers une problématique plus affinée. Durant ces ateliers, plusieurs outils créatifs vont être utilisés pour faciliter l’intelligence collective. Le faire ensemble prime dans cette démarche de co-création où nous les fondateurs de Fika nous agissons comme guides des participants locaux. Ces derniers connaissent bien le lieu où l’installation élira domicile et sont des co-créateurs de valeur. »

Les installations de Fika, sont-elles amenées à s’intégrer durablement dans le paysage public ou seront-elles ensuite réutilisées à d’autres effets ?

« Les installations créées par Fika restent éphémères afin que ces projets ne s’intègrent pas à la routine que nous tentons de casser. L’essence de Fika est de sortir les gens de leur cadre habituel, de les faire réagir et interagir, chacun à leur rythme, chacun en fonction de leur personnalité et de leur ressenti. Par conséquent, une installation peut rester sur place aussi bien 3 jours que 3 mois. »

Ca[re] Studio et Fika ont-ils pour ambition de mener des actions communes ou de se retrouver dans un même événement ?

« Oui, il est possible de mener des actions communes, mais Ca[re] Studio et Fika restent deux projets à part entière et complétement différents. Fika peut par exemple avoir investi un lieu et Ca[re] Studio se trouver au même endroit pour d’autres raisons, mais là n’est pas l’objectif premier. »

Cet article vous est proposé à l'initiative de Ca[re] Studio

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