A la rencontre de Jean-Baptiste Astau (Bhallot)

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A la rencontre de Jean-Baptiste Astau (Bhallot)

Interview de Jean-Baptiste Astau




Temps de lecture estimé à 5 minutes

Fin avril 2017, la semaine suivant la Fashion Revolution Week, nous sommes contactés par Jean-Baptiste, l’un des deux fondateurs de la marque Bhallot, afin de nous présenter leur projet. Curieux, nous avons longuement échangé par téléphone avant de faire connaissance début juin à l’Atelier Meraki. Nous avons été séduits par la qualité des produits mais aussi par l’authenticité des 2 co-fondateurs avec leur volonté farouche de valoriser la culture du jute au Bangladesh.

Echanges avec Jean-Baptiste.

Quand avez-vous créé Bhallot et pourquoi?

Nous avons créé la marque Bhallot durant l’été 2016. Ingénieurs de formation, Guillaume et moi venions de passer 2 années au Bangladesh à travailler sur la fibre de jute et nous avions à cœur de reprendre la mission pour laquelle nous étions venus au Bangladesh : diversifier l’industrie du jute. Cette plante est une vraie ressource naturelle pour ce pays et possède de véritables atouts écologiques et sociaux : 4 millions d’agriculteurs vivent de son exploitation et cette fibre consomme 60 fois moins d’eau que le coton. Autant d’arguments qui nous ont forcément poussé à trouver d’autres débouchés que le bon vieux sac à patate 😉

Alors quoi de mieux que de créer des sacs utiles à la vie de tous les jours, faits à partir de ressources naturelles et par des artisans. En gros, l’idée de départ était de fabriquer un sac 100% Made in Bangladesh dans les règles de l’art.

Quels engagements souhaitez-vous valoriser ?

On a créé Bhallot pour avoir un impact social et écologique positif.
Ecologique : le jute consomme 60 fois moins d’eau que le coton et utilise très peu de pesticides lors de sa croissance.
Social : la filière jute fait vivre des millions de petits agriculteurs.

Nous travaillons avec des coopératives d’artisans qui :

  • favorisent le maintien de savoir-faire dans des campagnes (lutte contre l’exode rural)
  • donnent l’accès à l’indépendance financière aux femmes
  • assurent de bonnes conditions de travail aux ouvriers (jours de repos, syndicat, vacances, horaire fixe)

Quelles sont les difficultés auxquelles vous avez dû faire face ? Comment avez-vous réussi à les résoudre ?

Le problème principal auquel nous sommes confrontés est la qualité, et c’est un des points clés pour lesquels nous apportons notre aide. Je m’explique, mais avant, attention ! Choc des cultures, impact imminent ! 😊

À l’image des catastrophes climatiques et de la surpopulation (1000 hab/km²), le Bengladesh vit dans l’urgence et il est très difficile de trouver des matériaux de qualité.
C’est un pays est en plein développement et ses habitants ont un revenu faible ; ils n’ont jamais eu accès à la qualité de vie que l’on peut avoir en France. Pour eux, les produits en provenance de Chine sont de bonne qualité… On s’est très vite heurté à un raisonnement très consumériste et favorisant en quelque sorte, l’obsolescence programmée : « Si c’est durable, pas besoin de reproduire et donc ça fera des emplois en moins ». Ils sont tellement habitués à ce qu’on leur demande des produits pas chers, qu’ils n’ont plus que ça sur le marché !

Cette frénésie productiviste qui vise 10-15% de croissance / an, notamment dans le secteur textile, est le principal moteur économique du pays ; s opposer à ce raisonnement est compliqué. Alors la durabilité est parfois vue comme de l’immobilisme et ou/un marché de niche.

Avec Bhallot, on a proposé une alternative à cette vision, afin de préserver les ressources naturelles et la culture du pays. Pour nous, la meilleure façon de les aider, c’est de croire en leur capacité à faire des grandes choses tout en s’appuyant sur leur savoir. Et c’est en travaillant main dans la main avec des artisans que nous avons réussi à faire des produits de qualité.

Nous avons toujours gardé ce niveau d’exigence dans notre projet qui se traduit par les points suivants :

  • nous sélectionnons nos matières avec soin en y mettant le prix, cela encourage les producteurs, les coopératives et les artisans à la réalisation de produits qualitatifs
  • nous souhaitons des produits bien travaillés, nous valorisons des savoir-faire
  • nous sommes exigeants sur les traitements chimiques et teinture, nous rentrons dans des dynamiques de préservation de la nature

En résumé, nous travaillons ensemble pour voir comment atteindre le degré d’exigence que nous nous sommes fixé. Et c’est hyper enrichissant pour tout le monde !
On pourrait aussi évoquer le problème de nos marges et salaires, mais ça c’est le lot de toute entreprise qui se lance…
Jean-Baptiste Astau

Quel a été votre cheminement personnel vers la mode éco-responsable ?

Un produit ne peut pas être éthique et beau ? Tout est parti de l’éthique dans un premier temps puis en faisant une petite étude de marché, on s’est rendu compte que le textile éco-responsable négligeait trop souvent l’esthétisme. A partir de ce constat, on s’est dit que l’on mettrait toujours l’esthétisme au service de l’éthique. Notre rêve serait de vendre nos produits sans même parler de l’éthique, mais nous en sommes encore bien loin…

Quelle mode/style avez-vous envie de défendre ?

Un roll top avec une jolie chemise ? Le baroudeur urbain. Celui qui se déplace autrement et qui ne néglige pas pour autant le style 😉

Mais plus généralement nous souhaitons défendre l’idée qu’il vaut mieux s’habiller avec de belles pièces de vêtement dont le style durera. Ça implique non seulement que les matières et finitions soient de bonne qualité, mais aussi que le style soit assez sobre pour ne pas être démodé au bout de 1 ou 2 ans. Et c’est assez paradoxal de parler d’un certain immobilisme dans ce domaine puisque la mode se renouvelle de plus en plus rapidement.

Et si vous faites durer vos vêtements assez longtemps, ils deviendront en plus vintage !
Jean-Baptiste Astau

Pour quel type de femme et d’homme ?

Je pense que nous avons une sensibilité environnementale et sociale qui se ressent forcément dans la manière dont nous construisons le projet et les produits, et qui donc influe sur le type de personnes que nous touchons.

Nos sacs sont destinés à tous, que l’on veuille bien s’habiller ou rester décontracté, mais avec un accessoire qui fait la différence. Nous avons fait un très gros travail sur les matières premières, les gens aiment les belles matières brutes et authentiques (tout en se faisant surprendre par la douceur de notre jute).

On pourrait aussi classer nos sacs par usage. C’est difficile de répondre à tous les besoins avec un seul sac, c’est la raison qui nous a décidés à en créer plusieurs pour que chacun y trouve son compte.
Jean-Baptiste Astau

Quelle est votre inspiration mode du moment dans votre vie quotidienne (personnalité, créateur…) ?

Vievienne Westwood : “Buy less, choose well, make it last” :

Quelle est votre rituel beauté ? / votre vêtement fétiche ?

JB : Ma veste à carreau super vintage style « bucheron » que j’ai trouvé dans une « friperie » du Bangladesh.
Jean-Baptiste Astau
Guillaume : Moi j’ai des vieux pulls en laine que j’adore surtout en col roulé. Mais je porte à peu près tout, surtout si c’est beau, bien fait et un peu décalé =)
Jean-Baptiste Astau

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