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Une vie plus responsable : 3 témoignages de la communauté SloWeAre

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Une vie plus responsable : 3 témoignages de la communauté SloWeAre

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Temps de lecture estimé à 11 minutes

Salomé est styliste et pourtant elle n’a pas acheté de vêtements depuis deux ans. Carline a remis en question tout plein de facettes de sa vie à la fin de ses études d’ingénieure. Elle va bientôt ouvrir une école alternative en région parisienne. Julien est le papa de la Greener Family dont le blog nous dévoile l’évolution vers un mode de vie éco-frugal et aspirant zéro déchets.

Tous font partie de la communauté SloWeAre. Ils nous racontent comment ce changement est venu à eux.

SALOMÉ

Salomé est une jeune styliste parisienne de 21 ans qui s’est tournée vers l’éco-responsabilité pendant ses études. Elle refuse le cuir pour privilégier des matériaux vegan, elle lance une collection à partir de tissus recyclés… Elle a pu voir l’envers du décor et cherche désormais à travailler dans une maison de mode qui lui ressemble.

Le pro et le perso sont complètement liés dans ton approche de la mode éco-responsable puisque tu as une licence en stylisme et modélisme.

Complètement. C’est aussi lié à une démarche alimentaire : je suis vegan depuis 4 ans maintenant.
À LISAA, mon école, j’ai commencé par refuser d’utiliser du cuir sur certains projets, ce qui a été accepté voire valorisé comme manière de distinguer mon travail. Toute ma collection de diplôme a été faite à partir de matières recyclées. Parfois je me sentais seule dans cette démarche, parce que le processus était complètement différent par rapport aux autres. Il y a un travail de déconstruction du vêtement, il faut le découdre et reconstruire le patron. Cela m’a pris plus de temps que les autres, parce que nous n’étions pas habitués à ces process mais c’était très constructif.

Tu t’es fait ta propre culture de la mode éco-responsable ?

Je me suis beaucoup renseignée via le collectif Fashion Revolution à cette époque. Lors de mon stage chez la marque Les Sublimes, j’ai pu voir que beaucoup de tissus éco-responsables viennent de l’étranger. Au Japon, on fabrique des tissus d’excellente qualité, biodégradables… J’ai pu travailler sur du modal, du tencel, des lins, du chanvre, du tissu fait à base de fibres de bananes… J’ai découvert que le modal est assez technique, il ne peut pas être travaillé par toutes les usines, typiquement avec une machine familiale ce n’était pas possible.

Comment est venu le changement dans ton dressing personnel ?

Il y a un an j’ai fait un gros tri et je me suis rendu compte de la quantité de vêtements que je ne mettais plus. Je me suis demandée pourquoi j’en avais autant. On n’a pas besoin de changer de tenues tous les jours ! Dans ma tête ça m’a fait beaucoup de bien de faire de l’espace.
Cela fait deux ans maintenant que je n’ai pas acheté de vêtements ou presque. Et ça ne me manque pas.
Pour mes achats utilitaires, je poste un message dans le groupe Happy New Wear de SloWeAre. On veut aussi mettre en place un échange de vêtements avec mes copines. Pourquoi ne pas se les prêter puisqu’on aime bien les vêtements des unes et des autres ?
J’utilise mon argent comme une sorte de vote, puisque c’est un moyen de produire d’autres choses.

On dit souvent que passer à un dressing d’essentiels provoque une forme de satisfaction. C’est ton cas ?

Faire le moins de mal possible fait du bien. C’est un tout, j’essaie globalement de ne plus m’encombrer de choses qui ne me servent à rien. Je ne veux pas non plus être extrême. Si on m’offre un cadeau qui est fait en Chine avec du plastique, je ne vais pas faire un scandale ! Mais je suis contente de réfléchir à ce que je fais.

Les adresses de Salomé :

  • Minuit sur terre : Ils font de super chaussures véganes.
  • W.Y.L.D.E : Pour toute la démarche d’upcycling et le choix de matières et matériaux éco-responsables (jusqu’aux boutons, zips…). Et pour le style original et esthétique.
  • Hopaal : Les vêtements sont 100% recyclés, faits en France, à des prix très raisonnables par rapport aux nombreux critères éthiques respectés ! Pour des basiques tels que débardeur, t-shirt et pull, je trouve la marque géniale.
  • Les sacs MATT & NAT : Une marque canadienne d’accessoires vegans, dont les doublures sont faites à partir de bouteilles en plastique recyclées. En plus de la démarche éthique et transparente, il y a un très large choix de produits, couleurs, tailles, les prix sont accessibles… et qu’est-ce que ces sacs sont beaux !
  • Zero Waste Daniel : Pour sa démarche d’upcycling et ses stories sur Instagram dans lesquelles il montre tout son processus de création ! Transparence et sympathie du garçon totales !
  • Front de Mode : Un concept store qui propose des vêtements pour adultes et enfants, de styles variés et uniques entre autres produits porteurs de valeurs écologiques, sociales et également produits en France.
  • Manifeste011 : Une adresse où les articles tendances et pointus sont sélectionnés pour leur éthique végane, environnementale et sociale.
  • Aujourd’hui Demain : Un concept store vegan qui propose une grande variété de produits, dont des articles de mode pour adultes et enfants.

CARLINE

Carline a fait l’école des mines de Nancy, afin de devenir ingénieure. Pourtant aujourd’hui, elle s’apprête à ouvrir une école alternative, à Montreuil près de Paris. Ce changement de voie correspond à celui qui a touché tout plein de facettes de sa vie. Elle nous raconte son évolution personnelle et plus spécifiquement celle qui l’a menée à miser sur son sac jaune et ses chaussettes à paillettes pour booster ses tenues quotidiennes.

Comment a démarré ton évolution personnelle ?

C’est pendant mon stage de fin d’études que je me suis beaucoup remise en question sur tout plein d’aspects de ma vie. J’avais l’impression que je n’avais pas réfléchi en toute conscience au métier que je voulais exercer.
Un des métiers qui m’a toujours plu, c’est institutrice ou psychologue. Je me suis renseignée sur les écoles alternatives, et en particuliers sur les écoles démocratiques et sur les formations pour y enseigner. Les enfants y apprennent ce qu’ils veulent, quand ils veulent, il n’y a rien d’imposé, ils peuvent décider de points de l’organisation de l’école.
L’école que je vais créer est inspirée de l’école démocratique. Elle ouvrira prochainement, a priori à Montreuil.

Côté mode, quel a été le déclic ?

Quand je suis revenue chez mes parents pour ma cinquième année d’études, après quatre ans loin d’eux. J’avais alors deux dressings : un chez mes parents et un chez moi, que j’ai dû rassembler. Je me suis rendu compte de tout ce que je possédais.
Ça m’a fait entamer une longue réflexion. Qu’est-ce que ça m’apportait d’avoir autant de vêtements ? J’en avais trop que je n’avais pas beaucoup mis. Des trucs qu’on achète pas cher, en soldes et au final, ça ne sert pas trop. Toutes ces dépenses ne m’avaient pas apporté grand chose.

Comment as-tu réalisé ton tri ?

C’était assez dur de se débarrasser de certaines choses.
J’ai essayé de définir mon style. J’ai visualisé les tenues que j’aimais, dans lesquelles je me plaisais, celles des blogueuses que je suis…
Je fais de la danse hip hop donc ça fait partie de mon style, et à côté de ça je suis plutôt classe, manteaux longs, basiques, pantalons carotte. J’arrive à réunir les deux styles. Faire de la photo m’a pas mal aidé à me définir. Quand j’ai dû choisir des photos pour une expo que j’ai faites, c’étaient des photos de paysages, mais j’avais une représentation visuelle de ce que j’étais moi, de ma façon de voir la vie, de ce qui me plait graphiquement. Ça m’a aidé pour les tenues que je compose.

À quoi ressemble ta garde-robe aujourd’hui?

J’ai beaucoup de noir, gris, blanc, avec quelques pièces bleues et roses. J’ai plutôt des tenues simples, t-shirt rayé, baskets simples, mais j’ai toujours un sac jaune et des manteaux originaux, des pièces que je garde depuis plusieurs années. Et des chaussettes amusantes, à paillettes ou à motifs.

Quel est ton rapport au shopping maintenant ?

Avant, c’était session shopping le mercredi avec ma mère, on achetait plein de trucs. Maintenant, j’hésite beaucoup avant d’acheter je n’achète que ce dont j’ai besoin. J’ai acheté des petits trucs en friperies, pour ce qui n’est pas essentiel. Quand je veux m’acheter un vêtement, je définis exactement ce que je veux. Je regarde beaucoup en ligne, mais il faut passer par l’essayage physique.
J’ai des centaines de marques répertoriées dans mes favoris pour mes shopping. Et puis je suis SloWeAre, ça me donne des idées. Je m’inspire aussi en suivant quelques blogueuses : Mango & Salt, Happy new green, Atelier éthique (anciennement “Le blog de Margaux”), qui fait des formations pour avoir une consommation plus écolo, Et Pourquoi Pas Coline, The little world of fashion qui ne s’habille maintenant que de marques éthiques

Tu parles de ton nouveau rapport à la mode avec tes ami(e)s ?

Je suis entourée de gens qui se posent des questions sur leur manière de consommer mais plutôt sur l’alimentation. Mes amies filles ne se remettent pas trop en question. Elles savent que moi j’ai cette démarche là, mais j’ai un peu l’impression de les faire culpabiliser. Du coup je ne m’étale pas là-dessus, je n’ai pas envie de les mettre mal à l’aise. Avec ma famille je me gène beaucoup moins… Ils sont à fond dans une démarche écologique sur la nourriture et pas du tout sur les fringues. Mais ma mère a sauté le pas, ça y est, elle achète beaucoup moins !

Qu’est-ce que ça change pour toi, cette démarche de slow fashion ?

Je me sens plus connectée à moi-même, moins parasitée. Cette remise en question a touché tous les plans de la vie : ça va du travail, à mes amitiés, mais ça touche aussi ma manière d’utiliser mon téléphone, d’acheter de la nourriture.
Concrètement, c’est parfois frustrant parce que j’adore les vêtements. Mais dans le fond j’en ai beaucoup moins envie qu’avant. Généralement quand j’ai une envie shopping, je fais une recherche en ligne et finalement je n’achète rien !

Ses marques favorites :

JULIEN

Dans la Greener Family, je demande le père ! Peut-être connaissez-vous déjà Julien, Carole et leurs deux enfants qui vivent avec un objectif zéro déchet depuis maintenant 3 ans. Ils alimentent leur blog de témoignages pour montrer comment ils s’y sont pris, progressivement, pour changer leur mode de vie. Comme ça passe aussi par les vêtements, on a interrogé le papa, pour savoir comment s’organisait toute la petite famille.

Comment a démarré le projet The Greener Family ?

Tout est parti d’une initiative de Carole, liée à notre entrée dans notre nouvelle maison. Ça a mis en lumière un amoncellement de déchets, d’emballages, notamment dans la cuisine. À Paris en appartement, les poubelles sont cachées, désormais on stockait ça nous-même pendant une semaine, et ça débordait. Carole a vu à ce moment-là un documentaire sur Bea Johnson (la blogueuse française installée aux Etats-Unis devenue conférencière sur le “zéro déchets”, ndlr) sur son initiative “zéro déchet”. Elle s’est dit : “C’est exactement ce qu’on va essayer de faire”. Elle a démarré ça de son côté. L’idée du blog est venue très vite, afin d’historiser la démarche.

Comment es-tu rentrer dans sa démarche à elle ?

Carole m’a présenté le livre de Bea Johnson, j’ai lu la deuxième ligne qui disait qu’elle avait fait 40% d’économie. Donc je suis rentré dans la démarche pour l’accompagner mais en voulant voir si on parvenait aussi à un budget plus faible.

Et alors ?

Au départ, on n’avait pas changé notre mode de consommation. Fondamentalement ça coûte plus cher puisqu’on passait de supermarchés avec tout en grand conditionnements pas cher à des magasins de proximité en vrac, bio. C’est ensuite qu’on a pensé à refuser ce dont on n’a pas besoin. Mécaniquement on gagne de l’argent en se concentrant sur le nécessaire. Parce qu’on a globalisé la démarche, on a gagné en pouvoir d’achat.

Aujourd’hui vous en êtes où ?

On est plus dans une démarche “éco-frugale” : on s’attache à trouver des valeurs écologiques et économiques dans tout ce qu’on fait. On va mettre en valeur un artisan local ou des principes environnementaux. On veille à ce que le prix soit juste, il sera parfois plus cher que ce qu’on avait l’habitude de mettre mais il correspond à nos valeurs.
On y va petit à petit. Je crois que la clé est là. Au départ, on était un peu euphorique on voulait partir dans tous les sens. En fait le changement est toujours compliqué, le maître mot c’est de prendre son temps.

Un point clé pour nous, c’est que ça ne doit pas être une contrainte. Si c’est une contrainte, c’est que ce n’est pas fait pour nous. On ne va pas sur du minimalisme, parce que ça ne nous correspond pas.

Et pour la partie vêtements, quelle est votre organisation ?

Pour les enfants, on n’a jamais eu de frénésies d’achats neufs. Depuis le début, c’était de la récup’, des bourses aux vêtements… Pour nous, on commence à s’habiller des vêtements d’occasions, ce qui n’était pas le cas avant. On achète dans des brocantes… Et si je dois acheter du neuf, je vais me renseigner sur les marques. C’est pour ça qu’on a rencontré Eloïse et Thomas de SloWeAre, on cherchait un endroit où se renseigner sur des marques éco-responsables.
Les enfants ont 6 ans et 9 ans, ils ne sont pas encore dans un environnement où il y a beaucoup de pression sur les marques, on verra combien de temps ça dure !

Pour ma part, je cours beaucoup donc je me suis attaché à trouver des marques de sport.
Et sinon j’ai tendance à user jusqu’au bout les affaires que j’ai aujourd’hui.

Comment on “impose” un mode de vie plus green à toute un famille ?

Les enfants ont la chance qu’on n’a pas eu : ils ne connaissent rien d’autre. Pour nous c’est un changement, eux n’ont pas trop d’éléments de comparaison. L’école va plutôt dans notre sens pour le moment. On espère que ça va rester un mode de vie pour eux et pas quelque chose de différent des autres. On est très attentifs à ce qu’ils nous remontent de l’école, à ce que ce ne soit pas mal vécu.

Vous êtes adeptes des petits goûters dans les boîtes, etc ?

Oui, ils ont leurs goûters faits maison dans des boites ou sacs faits maison. Ils n’ont jamais fait de remarques. Après on a été enfants aussi, on essaie de les écouter. Il y a eu des consoles de jeux à Noël, etc. On ne veux pas qu’ils soient déçus ou frustrés. Ce n’est peut-être pas parfait mais on leur achète des jouets, on en discute avec eux, on leur demande s’ils en ont besoin, est-ce qu’ils vont vraiment jouer avec, on essaie de les faire réfléchir. Ils connaissent aussi les brocantes, ils savent qu’on peut revendre un ancien jouet.

La clé du changement pas décourageant, c’est quoi ?

La clé, c’est de trouver son propre élément déclencheur. Trouver son point de départ. Nous ça fait 3 ans qu’on fait ça mais au début quand on a lu le bouquin de Bea Johnson, on a eu l’impression que c’était impossible. Au bout de 3 ans, on se rend compte que si.
Il faut y aller petit à petit. Sinon on s’arrête on se dit qu’on n’y arrive pas. Il faut rester positif.

Ses marques favorites

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